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Définition d’un
cosmétique
« Toute substance ou préparation autre que les
médicaments, destinée à être
mise en contact avec les diverses
parties superficielles du corps humain, l’épiderme, le système
pileux et capillaire, les ongles, les lèvres et les organes
génitaux externes, ou avec les dents et muqueuses, en vue de
les nettoyer, de les protéger ou de les maintenir en bon état,
d’en modifier l’aspect, de les parfumer ou d’en corriger
l’odeur »
Directive 93/35/CEE
On considère donc comme cosmétiques:
•
savons, shampoings, après-shampoings, dentifrices, crèmes et
laits démaquillants, crèmes de soins,
laques...
•
substances colorantes : ombres à paupières, rouges à lèvres,
vernis à ongles, colorants capillaires ;
•
substances parfumées : parfums, déodorants, produits après
rasage;
•
filtres et protecteurs solaires
Le
site d’application du cosmétique est bien déterminé, mais ni
l’élimination, ni la métabolisation possible du produit ou
d’un de ses ingrédients ne sont précisées par la
définition
La
législation « cosmétique » est créée pour définir
les produits cosmétiques en vue d’en assurer:
-la
libre circulation,
- la
sécurité des consommateurs et
-pour
déterminer les responsabilités en cas d’effets
indésirables
Règles de sécurité des produits
cosmétiques
La
législation « cosmétique » doit ainsi répertorier
plusieurs champs ou Listes comprenant:
-
liste
indicative qui décrit les différentes catégories de produits
cosmétiques
-
liste
de substances interdites dans les cosmétiques. Celle de la
directive Européenne par exemple contient plus de 1 000
substances en perpétuelle évolution
-
Liste
de substances soumises à certaines restrictions d’emploi:
ainsi un produit qui contient un antifungique Imidazolé, par
exemple, peut être un cosmétique en dessous d’une certaine
concentration et un médicament au-dessus de cette
concentration
-
Des
listes positives de substances (conservateurs, colorants,
filtres solaires) qui peuvent entrer dans la composition des
cosmétiques, en respectant des restrictions
-
Tous
les ingrédients hors annexe sont a priori autorisés dans les
cosmétiques
-
La
liste « ingrédients » annonce la liste de tous les
ingrédients en code international nomenclature cosmetic
ingredients (INCI) d’un produit
-
Elle
permet de retrouver la pertinence d’un test positif et
d’augmenter l’imputabilité d’un effet indésirable à un
produit
Libre circulation des produits
cosmétiques
Elle
assurée par l’étiquetage commun. Pour être un cosmétique, il
faut que le produit soit bien étiqueté. L’étiquetage doit
contenir :
• les
coordonnées du fabricant ou du responsable du produit
• le
poids ou le volume du produit au moment du
conditionnement
• la
date de durabilité minimale pour les produits dont la
stabilité est inférieure à 30 mois, et la
durée de péremption après ouverture (PAO) pour les
autres
les précautions particulières
d’emploi
• le numéro de lot pour identifier les
éléments
• la
fonction du produit, sauf si celle-ci est claire dans la
présentation du produit
• la
liste des ingrédients au moment de la fabrication. Les
ingrédients présents en quantité inférieure à 1 % sont listés
dans n’importe quel ordre après les autres. Cette liste est
précédée du terme « Ingrédients ».
Si
l’emballage est trop petit, une notice doit être jointe au
produit et signalée sur l’emballage par un logo

Pour
dénommer les ingrédients des cosmétiques, une nomenclature
internationale commune International Nomenclature Commune
Ingrédients [INCI] a été créée en Europe
En
code INCI, la liste « Ingrédients » informe le
consommateur sur la composition quantitative du
produit
-
Respect des Listes,
-
Dénomination,
-
Conditionnement,
- Mode
d’emploi qui rentre dans la définition
-
Etiquetage
SURVEILLANCE DES COSMÉTIQUES
EN POST
COMMERCIALISATION
=
Cosmétovigilance
-
Une Vigilance est une structure de recueil de
données sur des effets indésirables
-
Elle analyse ces données en déterminant une
imputabilité (Imputabilité des effets indésirables liés
aux produits cosmétiques),
-
Puis elle utilise ces données lorsque les effets
indésirables connus incitent à le faire par leur nombre, ou
leur gravité pour sécuriser le produit
-
La première cosmétovigilance publique a été mise en
place en 1979 en Suède
-
Cette vigilance est établie:
- au niveau
industriel
- au niveau de l’État par des textes
législatifs
- et au niveau confraternel (/ex.
par le REVIDAL GERDA)
Cosmétovigilance industrielle
Avant mise sur le
marché
-
Le fabricant ou l’importateur doit s’assurer que le
produit est conforme et qu’il :
-
respecte la réglementation
-
ne
peut pas nuire à la santé dans les conditions normales
d’utilisation en établissant un dossier informatif
d’innocuité
-
Le responsable doit prouver l’efficacité qu’il
souhaite revendiquer pour son produit, preuves objectives
jointes au dossier d’information relatif à
l’innocuité
Après mise sur le marché
-
Le responsable devrait suivre les effets indésirables
de son produit suite à son
utilisation
-
Il devrait tenir à la disposition du public et des
autorités de contrôle le recueil des effets indésirables
liés à l’utilisation de son produit et des substances
responsables de ses effets
Cosmétovigilance publique
L’état est responsable de la sécurité des
produits
-
Des inspecteurs doivent visiter les lieux de ventes
pour prélever des produits à la vente en vue de les vérifier
selon des méthodes adaptées
-
une cosmétovigilance basée sur un système de
déclaration d’effets indésirables peut être mis en
place
-
La déclaration d’effets indésirables peut être
obtenue par les professionnels de santé et par les firmes
commercialisant les produits
-
Les effets indésirables à déclarer sont ceux qui sont
graves (hospitalisation, arrêt de travail, inaptitude
professionnelle...) et aussi ceux qui paraissent graves au
clinicien
Éléments
indispensables pour une déclaration
encosmétovigilance.
Identification du déclarant (papier à
en-tête).
Identification du sujet : trois premières lettres du
nom, prénom, date de naissance.
Nom du produit, fonction du produit, nom de la marque,
numéro du lot
Description clinique : date du début d’utilisation, du
début de la pathologie (chronologie précise), description de
la pathologie (localisation, clinique, traitement correcteur
éventuel, évolution, tests éventuels)
EXEMPLE DU « REVIDAL
GERDA »
Créé en France en 1996 par le Groupe d’étude et de
recherche en dermatoallergologie (GERDA)
Il a un objectif médical et un
fonctionnement confraternel
Les effets indésirables par allergie de type I ou IV
sont rapportés, par le praticien qui les observe
(particulièrement le dermatologue), au correspondant
cosmétique du REVIDAL
En cas de signaux répétés sur le même produit, le
praticien lance un signal de vigilance activée à tout le
réseau, afin que tous les cas observés soient rapportés, non
seulement au réseau mais aussi à la firme responsable et à la
vigilance publique
Ce type de fonctionnement permet de :
-
détecter de nouveaux
allergènes
-
augmenter les cas recueillis par la vigilance
publique
-
et d’informer la firme responsable afin qu’elle
puisse sécuriser rapidement son
produit
Clinique
Voies de contact des produits
cosmétiques
Elles
sont multiples +++
Ainsi,
un eczéma palpébral peut être dû :
-
à
un contact direct : maquillage ou démaquillage des
yeux ;
-
à
une réaction à distance : application sur le visage
mais pas sur les paupières ;
-
à
une réaction manuportée, l’allergène est transporté
par les mains (vernis à ongles) ;
-
à
un contact aéroporté : l’allergène est véhiculé par
l’air (parfums) ;
- à
une réaction par procuration : allergène porté et
transmis par une tierce personne (teinture capillaire)
;
- à
une réaction par photosensibilisation : par
l’intermédiaire du soleil, une molécule normalement bien
tolérée devient un « photoallergène » et l’éruption liée
au produit apparaît d’abord sur des zones exposées au
soleil.
Définitions et aspects cliniques
La
survenue d’une réaction d’intolérance à un cosmétique dépend
de plusieurs facteurs :
•
la
composition,
•
la
dose et la fréquence d’application du produit,
•
le
type de peau,
•
le
site de la peau et son état antérieur,
•
le
type de produit, rincé ou non rincé
-
La
différenciation entre irritation et allergie est nécessaire
car elle conduit à une attitude nuancée dans la
prescription, des précautions d’utilisation et/ou à
l’éviction totale d’une molécule ou d’un produit
cosmétique
-
Les
signes cliniques sont classiquement différents
entre
-
dermatite
d’irritation et dermatite allergique

Dermatites d’irritation
Aspects
cliniques en fonction du site
1-
Visage
Les
dermatites d’irritation y sont particulièrement fréquentes,
notamment au niveau des paupières et de la région
périorbitaire (minceur extrême de l’épiderme accroît la
vulnérabilité aux multiples irritants et allergènes de contact
et aéroportés)
il
existe fréquemment un érythème, parfois violacé,
un
aspect fripé périorbitaire et des signes intenses de
tiraillement, brûlures et même parfois un prurit égarant le
diagnostic étiologique
Les
lèvres sont sèches, siège de brûlures et de
tiraillements: muqueuse est légèrement craquelée et parfois
fissurée et les signes sont souvent aggravés par
le « léchage » pratiqué de façon répétitive pour humidifier
les lèvres
2-
Mains
Les
dermatites d’irritation y ont fréquemment un aspect
stéréotypé:
sur
le dos des mains et des doigts
(femmes
effectuant des travaux ménagers ou s’occupant de jeunes
bébés)
l’aspect
est, soit celui d’une dermatite aiguë
érythémato-oedémateuse à limites nettes, soit celui, plus
fréquent, d’une dermatite chronique érythématokératosique
et/ou fissurée, accompagnée parfois de lésions
unguéales
sur
la paume des mains et les pulpes digitales
Lésions
irritatives, souvent minimes, dues à de multiples agressions
chimiques (shampooings)
La
dermatite des « shampouineuses » se traduit, au niveau de la
pulpe digitale, par un épiderme aminci, sec et fissuré, à la
fois hyper- et hyposensible, créant, au toucher, une sensation
de « balle de ping-pong »

3-
Corps
-
La
dermatite d’irritation se traduit par un épiderme
sec,
-
parfois
légèrement craquelé et desquamatif, pas ou peu
érythémateux,
-
occasionnant
des sensations de tiraillements, de picotements ou de léger
prurit
Les
causes les plus fréquentes en sont :
• la
trop grande fréquence de douches avec des savons
détergents
•
l’application de produits hydratants, parfois trop fortement
concentrés en urée, notamment sur peau atopique ou même en
acide salicylique sur peau ichtyosique
• les
lessives mal rincées des sous-vêtements ou le port de
vêtements rêches, le tout favorisé par une transpiration
excessive
4-
Creux axillaires
La
pulvérisation de déodorants ou antitranspirants alcoolisés est
la cause la plus classique de dermatites
d’irritation
5- Région anogénitale
favorisées
chez les hommes par la sueur, les frottements (sports), la
pilosité
chez
les femmes, par une hygiène excessive : emploi de papier
toilette parfumé, de dépilatoires, de produits moussants
liquides associés parfois à un prurit vulvaire d’origine
mycosique ou idiopathique
Les
lésions peuvent avoir un aspect sec, lichenifié, parfois
fissuraire au fond des plis ou même purpurique
(dépilatoires)
Molécules
irritantes
Au
niveau du visage (paupières), il
s’agit de tous les shampooings et savons contenant des
tensioactifs parfois agressifs ou irritants comme le
cocamidopropylbétaïne ou son contaminant le
diméthylaminopropylamine
Sont
également concernés les produits antivieillissement à base de
trétinoïne ou d’alpha-hydroxy-acides
Au
niveau du corps,
certains principes actifs hydratants telle l’urée, à des
concentrations trop élevées, peuvent devenir des irritants sur
des peaux naturellement xérotiques et irritables
Propylène
glycol
C’est
un hydratant, solvant, facteur de pénétration, qui diminue la
viscosité des produits finis. Utilisé dans presque tous les
types de produits cosmétiques, il peut être irritant ou
sensibilisant ou les deux à la fois
Parfums
Certains
de leurs composants (aldéhydes et alcools) peuvent provoquer
des réactions d’irritation
Les
lésions cutanées apparaissent surtout lors de l’emploi de
produits très concentrés (déodorants ou antiperspirants) ou
sur des zones particulièrement sensibles du tégument :
aisselles et périnée
Dermatites
allergiques
Il
existe un très grand polymorphisme clinique
Réactions
d’hypersensibilité retardée
elles
se traduisent par:
Un
eczéma, plus ou moins oedémateux et papulovésiculeux ou sec et
fissur
On
peut aussi observer des lésions ne permettant pas d’évoquer
immédiatement un diagnostic d’allergie aux cosmétiques
:
-
prurit isolé sans lésions
cliniques,
-
érythème à peine
visible,
-
eczématides érythémateuses ou parfois achromiantes,
-
pigmentation prurigineuse extensive du visage et du cou,
-
chéilite isolée ou accompagnée de dermite périorale,
-
dermite palpébrale
isolée,
-
dermite séborrhéique atypique ou très
étendue
-
eczéma nummulaire +/- disséminé sur le corps
- digitopulpite, une dishydrose des mains
-
même des réactions unguéales
-
plus
rarement, des réactions pseudolupiques/ pseudolymphomatoïdes,
réactions de photosensibilisation
Réactions
d’hypersensibilisation immédiate
Fréquence
probablement sous-estimée
Elles
se traduisent par un
-
érythème +/- prurigineux,
- un
oedème parfois important
-
urticaire immunologique (IgE) médiée +/- S.
extracutanés
-
urticaire non immunologique, ou mécanisme
indéterminé
-
rarement des réactions anaphylactiques ou
anaphylactoïde, notamment après l’application de cosmétiques
contenant des protéines dérivées de végétaux
(blé,sésame, avoine, amande)
Réactions
d’hypersensibilité immédiate + retardée
• Les
dermatites de contact aux protéines peuvent s’observer avec
les cosmétiques en cas d’exposition professionnelle
(persulfate d’ammonium chez les coiffeurs)
•
Elles
associent des réactions érythémato-oedémateuses de survenue
immédiate à des lésions retardées à type d’eczéma
• L’exploration
allergologique s’appuie à la fois sur des tests à lecture
immédiate et des tests à lecture retardée

Conclusions
-
Cette gravité potentielle rend indispensable la création par
les autorités de tutelle d’un « centre national de
contrôle des cosmétiques »
qui serait en charge de la sécurité et de l’inocuité des
cosmétiques retrouvés dans les points de vente
-
Enfin, les professionnels de santé, au premier rang desquels
les dermatologues, devraient être plus en contact avec le
ministère de tutelle afin de rapporter les éventuels effets
délétères observés dans lesquels un cosmétique donné est
clairement incriminé
- De ce
fait un rapprochement entre le Prescripteur et le Législateur
nous paraît souhaitable dans l’intérêt de nos
consommateurs
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